Une réforme linguistique controversée à la Défense nationale

05 août 2026 - 09:22

Le ministère de la Défense nationale du Canada a annoncé une importante modification de sa politique sur les langues de travail et adoptera une approche plus harmonisée afin de réduire les plaintes liées à son application auprès du Commissariat aux langues officielles du Canada.

Désormais, la langue de travail des unités et des organisations sera déterminée selon la région linguistique où elles exercent leurs activités, plutôt que selon leur ancienne désignation (française, anglaise ou bilingue). Cela signifie que plusieurs organisations du ministère de la Défense nationale et des Forces armées canadiennes devront travailler exclusivement en anglais, alors qu’elles étaient auparavant considérées comme bilingues.

Cette nouvelle approche entraînera la perte du statut bilingue de près de 180 unités et bureaux, dont la majorité deviendront unilingues anglophones.

Seuls les employés travaillant dans les régions fédérales désignées bilingues, soit certaines parties du Québec, de l’Ontario et l’ensemble du Nouveau-Brunswick, pourront choisir de travailler en français ou en anglais. Ailleurs, les réunions internes, les communications, les outils de travail et la supervision se feront uniquement en anglais.

Cette politique a déjà eu des effets concrets, notamment au Collège militaire royal de Kingston, où le français a perdu son statut de langue de travail. Cette décision fait actuellement l’objet d’une enquête de la commissaire aux langues officielles.

Bien que le gouvernement soutienne que cette réforme vise à simplifier l’application de ses obligations linguistiques, elle est vivement critiquée par l’opposition et plusieurs défenseurs du français, qui estiment qu’elle réduit considérablement la place du français au sein des Forces armées canadiennes.

(Photo : Forces armées canadiennes / Facebook)