Des centaines de personnes réunies à Rigaud contre le projet d’Alto

Des centaines de personnes se sont rassemblées à Rigaud, le samedi 19 septembre, à la ferme Legault, à la frontière de l’Ontario et du Québec, pour manifester leur opposition au projet de train à grande vitesse (TGV) d’Alto reliant Toronto à la ville de Québec.

Le rassemblement réunissait notamment des agriculteurs et des propriétaires de l’Ontario et du Québec qui craignent que le futur tracé traverse ou divise leurs terres. Plusieurs ont exprimé leurs inquiétudes concernant la perte de terres agricoles, les détours qui pourraient être nécessaires pour accéder aux champs et l’augmentation des coûts d’exploitation des fermes.

L’agricultrice Karine Bercier, de Saint-Isidore, a notamment expliqué qu’environ 3 000 acres appartenant à sa famille se trouveraient dans le corridor actuellement étudié. Selon elle, le projet pourrait compromettre la viabilité de certaines exploitations agricoles. Mme Bercier aurait reçu six lettres de la part d’Alto, qu’elle a toutes rejetées.

Le professeur Ian Lee, de l’Université Carleton, a remis en question le coût du projet ainsi que les projections concernant le nombre futur d’utilisateurs du TGV. Selon lui, les coûts pourraient être sous-estimés, voire atteindre des sommes astronomiques, tandis que l’achalandage pourrait être surestimé. Il estime également que le projet de TGV d’Alto est voué à être une catastrophe. Faisant un parallèle avec l’aéroport de Mirabel, Lee soutient que les conséquences du projet d’Alto pourraient éclipser celles vécues par Mirabel il y a une cinquantaine d’années.

Le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, était également de passage à Rigaud et a pris la parole en appui aux manifestants, évoquant notamment les conséquences possibles sur les terres agricoles et le coût du projet. Selon M. Duhaime, le gouvernement fédéral n’aurait pas le droit de s’approprier les terres des propriétaires concernés.

Jusqu’à maintenant, selon les dernières estimations d’Alto, ce seraient 1 700 propriétés qui seraient touchées, dont 500 terres agricoles.

Les Comtés unis de Prescott et Russell ont adopté une résolution en juin refusant de permettre l’accès aux terrains appartenant aux CUPR pour effectuer les études nécessaires à l’évaluation du tracé dans sa version actuelle. Les CUPR ont également refusé de signer une entente de confidentialité avec Alto.

(Photo : GOFM / Guillermo Toloza)